La Boîte de Pandore

16 septembre 2016

ZD : ce qui marche dans la cuisine (pour moi !)

Comment réduire ses déchets dans la cuisine : on est tous d'accord, la priorité c'est d'éviter les emballages pastiques à l'achat, mais pas que. Florilège de ce qui marche pour moi :

- les sacs en tissus : je ne me lasse pas d'en faire, ils servent autant à ranger qu'à faire les courses, à transporter ci et ça (le pain de ma jument)

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- cuisiner des produits frais : je n'achetais des produits préparés que très rarement, mais c'est vrai que j'essaie d'éviter aussi les produits suremballés : les fruits et légumes bios en grand magasin, (forcément emballés pour les séparer des autres), les pâtes fraiches, les tranches de charcuterie (Epiméthée a acheté une coppa entière, avec ma bénédiction).

- le compost : j'en ai enfin trouvé un près de chez moi. Après mon échec d'installation d'un lombricomposteur collectif dans notre immeuble j'ai un peu traîné les pieds pour m'y mettre, parce qu'à chaque fois que je vais déverser ma contribution, je suis obligée d'effrayer rats et mulots qui traînent sur le couvercle, je dois vraiment me faire violence... Mais j'ai peu à peu organisé les opérations désormais : je mets tout dans un grand tup à couvercle qui reste en évidence, et quand la boite est pleine je l'emporte, je la lave et je recommence : Pas d'odeur grâce au couvercle, volume trop petit pour que la décomposition commence vraiment. On découpe soigneusement les peaux de bananes ou de melon.

>> Ce qui n'y va pas : J'utilise au moins deux fois chaque citron (cf plus bas), mais je ne peux pas les composter, et à la fin, ils continuent d'aller à la poubelle, dommage. Je ne mets pas non plus ail ni oignon (qui sont vermifuges). On ne jette pas le pain, on le fait sécher pour ma jument. Les coquilles de noix/noisettes n'y vont pas non plus, mais je les garde en sac pour faire du paillage. Ca fait beaucoup de bacs de tri tout ça ! On ne met pas non plus les restes de viande ni de fromage, mais on en a vraiment peu, on mange presque tout. 

- je congèle la plupart de mes épluchures de légumes : quand j'en ai assez, je fais un bouillon, que je congèle dans un bac à glaçon, et fini les cubes de bouillon déshydratés. Une fois filtrés, les épluchures cuites partent au compost. (Zerowastechef, I love you so much !)

- les épluchures de citron me servent : à désodoriser le lave-vaisselle, (une machine), à blanchir mes ongles, et les autres finissent congelées, jusqu'à ce que j'en aie l'équivalent d'un bocal que je remplis de vinaigre pendant deux semaines. Après filtrage, je m'en sers pour le ménage ou en assouplissant.

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- le marc de café : bien que nous ayons toujours une cafetière N, c'est pourtant le domaine où je me sens la plus méritante. J'ai passé tellement d'heures au total à transporter mon gros sac de capsules jusque chez les commerçants qui les reprenaient soi-disant, puis qui m'annonçaient qu'ils ne le faisaient plus, à en chercher d'autres, à me casser le nez, parce que Georges ne tient absolument pas à jour sa liste de points de collecte (ça me met tellement en colère cet intox sur leur comportement "exemplaire" alors qu'on n'est jamais sûr qu'on va trouver un point recyclage des capsules). Finalement, un magasin a ouvert à la défense, et je trimballe mon sac dans le RER, mais au moins, ils les reprennent. Depuis peu, je vide les capsules pour apprécier la qualité principale de l'aluminium : la légèreté ! et je me sers du marc de café au choix : pour entretenir mes canalisations, pour me faire un gommage sous la douche (trois capsules et une cc d'huile d'olive), pour mettre au pied de mes plantes qui souffrent des insectes ou qui aiment la terre acide, et enfin, le top du top : pour récurer mon évier. Il n'est jamais aussi brillant qu'après un petit gommage, lui aussi (sans huile), et ça nettoie et désodorise mes canalisations au passage. Je ne désespère pas un jour de convaincre Epiméthée de passer à une cafetière qui broie les grains.

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15 septembre 2016

ZD : ce qui marche dans la salle de bain (pour moi !)

Comment réduire les déchets et emballages dans la salle de bain ? comme toute une chacune, j'ai multiplié les expériences depuis quelques mois : rassoul (non : cheveux poisseux) savon noir (non : cheveux poisseux), etc. En matière de cheveux, le passage au water only prend plus de temps que prévu... Ce qui marche jusqu'ici :

- le shampooing bio : oui, il a un emballage, mais une grosse bouteille d'un litre, ça fait moins de plastique que 4 de 250 ml ; avec un shampooing bio sans laurel sulfate, je tiens quatre jours entre deux shampooings, au lieu de deux, ce qui fait deux fois moins d'emballages. On est loin du no poo bien sûr, mais espacer les shampooings, c'est le début.

- le shampooing sec : pour gagner deux jours de plus (>>1 shampooing tous les 6 jours). La maïzéna fait très bien l'affaire, avec un peu de curcuma pour estomper l'effet blanc. Et mes cheveux sont tellement moins électriques qu'avec le shampooing sec KL**ne !

- les disques démaquillants en tissu : découpés dans un reste de serviette en microfibre, (qui m'a servi à faire un peignoir en forme de requin : mais pourquoi n'ai-je pas photographié cette création originale, que pour une fois je n'ai pas piquée sur internet...) ; entourés d'un point de feston, et leur pochette associée. Une fois utilisés je les mets dans la pochette et je jette la pochette dans la machine à laver.

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- l'eau de rose : depuis que je me nettoie le visage uniquement avec l'eau de rose, je n'ai plus besoin de crème hydratante, ou presque jamais. L'eau est tellement calcaire à Paris, que le simple nettoyage à l'eau tiède avec un gant de toilette, si agréable le soir, me dessèchait la peau. Je regrette le massage associé, tout de même...

- la cup : ce n'est pas la panacée que tout le monde dit, mais il faut reconnaître que ça a des avantages, et bien sûr c'est toujours ça de moins qu'on jette à la poubelle. Comme "elles" le disent toutes, sur toute une vie, ça finit par faire un montant de coton+plastique non négligeable.

- le savon d'Alep : j'ai du mal à le trouver sans aucun emballage mais ça fait des années que je l'ai adopté et je suis bien aise qu'il soit zérowasto compatible !

- les épluchures de citron et l'huile d'olive me tiennent lieu de manucure/pédicure, j'ai arrêté de me vernir les ongles. Une fois polis et huilés, ils restent très présentables même en sandalettes l'été.

- un gommage au marc de café. A éviter sur le visage (sur le visage je préfère de beaucoup l'argile à condition de ne surtout pas laisser sécher).

- la recette de déodorant d'Antigone XXI. Un peu acrobatique cet été parce que je n'avais pas de cire d'abeille, donc ça fond, donc frigo, donc trop dur à appliquer juste avant de partir, bref, résultat des courses, il s'avère que même en période de canicule, ça ne fait pas tellement de différence que je mette du déo ou pas, et qu'en cas de soupçon je vais me passer un petit coup de savon au lavabo et hop. Après tout, ce n'est pas la transpiration qui sent mauvais, ce sont les bactéries, donc une bonne hygiène résoud le gros du problème. Consommer des masses de fruits et légumes frais, moins de viande/ fromages/produits transformés joue aussi (beaucoup) !

>>dur de trouver des brosses à dents en bambou ?! Je ne vais quand même pas commander des brosses à dents par internet...

 

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14 septembre 2016

Les petites poules

Une forme en berlingot, c'est à dire un rectangle composé de deux carrés. Feutrine pour les pattes et la crête.

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13 septembre 2016

Le jour où j'ai lactofermenté

C'est le jour où j'ai découvert nicrunicuit ! Le blog de Marie-Claire Frédéric. La découverte est assez relative, puisque la lactofermentation existerait depuis avant le feu ou presque. Ca se passe comme ça : vous mettez des légumes dans un bocal avec du sel et de l'eau, et vous fermez le bocal presque à fond. Au début, vous avez une première bactérie, qui est présente naturellement sur les légumes, qui se met à manger toutes les autres : d'ailleurs, elle a un nom de pokémon féroce (non je ne joue pas, mais tout le monde vit avec connaît quelqu'un qui, bien sûr) : Leuconostoc quelque chose. Ensuite, deux autres lactobacilles entrent en jeu et éliminent la première, et résultat : il n'y a plus aucune batérie capable de putréfier ou altérer vos légumes. Ils sont devenus immortels.

FullSizeRenderJe ne sais pas ce qui chagrine le plus Epiméthé : l'immortalité de ses ennemis naturels, l'intense activité qui se déroule dans les bocaux et qui se manifeste par des pschitt et des bulles de CO2, ma nouvelle passion pour les bocaux Le Parfait (fabriqués en France, n'hésitez pas : je dis ça pour ceux dont les parents n'en ont pas 50 dans leur cave)... Pourtant le saucisson est également lactofermenté, et qui dit "choucroute" dit "saucisses"...?

Le principal intérêt, c'est quand même la forte dose de probiotiques présente dans les conserves lactofermentées. Pour apprécier les probiotiques, il faut avoir lu le Charme discret de l'intestin, de Giulia Enders. (Après ce livre, mon intestin est devenu mon meilleur ami. Puis j'ai lu Régénérez votre foie, de Sandra Cabot, et mon foie est devenu mon nouveau meilleur ami. A ce moment là, Epiméthée m'a demandé d'acheter un livre sur le cerveau pour apprendre à m'en servir, et j'ai arrêté de lire des livres sur mes organes.)

Je vous dis tout de suite que je n'ai pas goûté à mes conserves, pas encore. Mais si je n'ai rien publié d'ici 18 mois, ça pourrait signaler un échec, ou alors une grosse flemme de blog. J'ai fait pire ! Toutefois, il semble que la Lystéria et le botulisme sont mangés par Leuconostoc : c'est prouvé, le capitaine Cook a conservé son équipage frais et dispos en les nourrissant de choucroute !

Je vous passe les détails, ils sont tous, mais alors tous, sur le site nicrunicuit ; si vous avez une question n'hésitez pas à vous farcir les 352 commentaires de chaque note, il y a de fortes chances que quelqu'un l'ait déjà posée et l'auteur répond super gentiment. En plus, les aliments lactofermentés, on dirait que ça rend aimable!

 

PS : zerowastechef a aussi une belle collection de recettes lactofermentées.

 

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01 septembre 2016

Les petits bouts... de tissus

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Zero waste kit

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31 août 2016

Le flou et le précis

Ca ne vous agace pas quand les agents immobiliers disent : "un bien" au lieu d'un appartement ou d'une maison? Moi si...

Et quand les journalistes de mode disent : "une pièce" au lieu d'un vêtement, d'une jupe, d'un pantalon, d'une veste...? Moi si, encore plus.

Et quand les restaurateurs disent "travaillé" à l'huile d'olive au lieu de "mélangé", "revenu", "rissolé", "infusé"...? Moi pas mal non plus.

En même temps, je ne sais pas pourquoi, parce que ces mots sont dans le dictionnaire, ils ne sont même pas vulgaires ou offensants. Ils auraient bien du mal à vrai dire.

A première vue, ça sent le snobisme. Pourtant il y a quelque chose de contre intuitif dans l'utilisation de ces mots d'une grande banalité (bien, pièce, travail), qui peuvent s'appliquer à absolument tout, pour des objets ou des actions bien déterminés : normalement, le spécialiste, il a un jargon, des mots très techniques, pas des mots flous ? Si quelqu'un a une explication...!

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11 août 2016

Zero waste horse

Comme bien des aspirant(e)s zéro déchet, je m'intéresse à la diminution des déchets générés par mon animal favori. D'aucuns diront que n'ayant pas retrouvé la maîtrise de la lessive ni du ménage, je me rabats sur quelqu'un que je peux effectivement contrôler... Effectivement, s'agissant de la lessive, Epiméthée garde le pouvoir dessus, et du ménage, je recule effectivement le moment d'expliquer la vie à Maria : elle consomme des tonnes d'essuie-tout et me réclame des produits toxiques, mais elle a l'idée de traquer la poussière là où je n'aurais jamais pensé à en chercher, elle range mes armoires et mes tiroirs, et quand elle change mes draps, elle glisse une chemise de nuit propre sous mon oreiller... How sweet is that !?

Epiméthée prétend qu'il faut être plein d'illusions pour penser que j'ai une influence importante sur ma jument, particulièrement quand je suis sur son dos. Pour le reste, comme elle vit en pension à la campagne, je n'ai qu'un impact réduit sur son mode de vie. C'est un peu comme quand vous avez une nounou pour vos enfants (les jeunes parents adorent en général que je compare mon cheval à leurs bébés...), et que vous souhaitez très fort qu'elle adopte les couches lavables, vous voyez ?

S'agissant donc de Pandore ; non : je ne parle pas de moi à la troisième personne ; oui : j'aime tant ce mythe que j'ai aussi profité de l'année des P pour baptiser ma jument Pandore. La suite a prouvé que j'avais raison, car elle montre une curiosité égale à la mienne et elle a presque toutes les qualités. S'agissant donc de Pandore, son pain sec arrive désormais toutes les semaines dans un sac en tissu fait main dans une vieille chemise d'Epiméthée ; j'achète les ingrédients de sa lotion anti-taon (huile essentielle de citronnelle + huile d'amande douce) dans des bouteilles en verre : j'ai renoncé au Mercryl, qui sent mauvais, pique probablement la peau et arrive dans un flacon en plastique. Il n'y a pas eu trop de bêtes cette année, mais je n'ai pas trouvé qu'elle était plus dévorée qu'avant. Et elle gesticule moins quand je lui en mets sur le nez.

Pandore mange de l'herbe l'été, de l'orge et du foin l'hiver, des minuscules pommes que gardent mes parents à son intention, des poires que je ramasse sur le chemin de son pré en automne, et des carottes pour son anniversaire le 3 mai : l'orge arrive sans emballage dans un gros camion, voire dans la remorque du cultivateur qui est le mari de son "hôtellière" (circuits courts !!), mais le foin est malheureusement stocké avec des fils plastiques...

Contrairement à moi, Pandore est passée au No-Poo : je ne la shampooine plus jamais. Je pense que ce n'est pas naturel, et ça a beaucoup d'inconvénients : le savon enlève la couche déperlante de son poil, dès qu'elle est mouillée un nuage de taons s'abat sur elle, et en plus elle va se rouler dès que je la remets au pré, de préférence dans l'endroit le plus poussiéreux/boueux. C'est inévitable, car elle se roule toujours au même endroit, et l'herbe a renoncé à repousser sous les assauts quotidiens de ses 500 kilos. Elle ne pratique donc même pas le water-only. Désormais quand elle transpire, je la laisse sécher et je l'étrille énergiquement, ce qui la remplit de bien-être et d'affection pour moi (qu'elle manifeste à grands coups de tête).

Mes cuirs, en phase de grande sécheresse, sont huilés à l'huile de pied de boeuf. L'huile traditionnelle a été remplacée par Dé**on par une huile suspecte : huile "type" pied de boeuf ? huile hydrophane ? et qui est vendue en bouteille de plastique : il faudra que je songe à trouver un remplacement. Le reste du temps je les graisse avec un produit (Sapo, dans une boite en fer) que mon arrière grand-père vendait déjà dans son magasin, quand l'équipement des chevaux formait une grande partie de son activité. J'utilise des tout petits bouts de chiffons de coton qui n'auraient aucune autre utilité, mais que je ne récupère plus.

Je ne graisse presque plus ses sabots, sauf l'été en phase de sécheresse, si la rosée ne fait plus son travail d'hydratation, et je dois avoir ma boite d'onguent du maréchal (en plastique :-S) depuis avant sa naissance. Je n'utilise plus de goudron (de pin), au pré les pieds des chevaux ne pourrissent pas comme au box, même s'ils pataugent dans la boue pendant 4 ou 6 mois.

Quoi d'autre ? il y a bien son vaccin, mais je n'assiste pas à l'opération car la vétérinaire fait tous les chevaux du club et vient en semaine. J'espère qu'elle a un système de recyclage des seringues comme les médecins...

Le maréchal ferrant recycle les fers usés.

Il me reste un problème avec le vermifuge : il a un goût de pomme dont Pandore raffole (si on ne la surveille pas, elle va fouiller dans le carton pendant qu'on vermifuge ses voisins), mais il est conditionné dans une seringue en plastique un peu inévitable pour l'administrer aux sujets moins enthousiastes qu'elle. J'ai tenté de lui faire manger de l'ail en remplacement, mais ni elle ni ses camarades n'ont daigné y goûter.

Son bilan est donc bien meilleur que le mien, d'autant plus qu'elle offre un débouché parfait à toutes les baguettes de pain que nous ne finissons pas.

Conclusion de cette note : le meilleur de la démarche zéro déchet, c'est tout de même la réflexion qu'elle implique pour trouver de meilleurs choix environnementaux, ce que je trouve extraordinairement amusant et stimulant, à défaut de changer le monde par le volume de déchets qu'on y soustrait. Lisez ça si vous avez un chat (et le reste du blog, tellement inspirant) !

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04 juin 2016

Crime et châtiment (ou l'inverse, finalement)

Tout a commencé, mais nous ne le savions pas, cet hiver, avec le nettoyage du canal St Martin. Epiméthée avait étudié à fond le déroulement du chantier, il attendait les grues et les pelleteuses de pied ferme et nous avions découvert que notre écluse était tristement nommée l'écluse des morts. Brrr. Toutefois, avec la présence exaltante des pelleteuses, des petites rampes d'accès installées le long des berges pour les faire descendre, des grues, des livraisons d'armoires électriques dans les écluses, du comptage des velib fangeux... nous avons vite oublié ce détail.

Et puis, samedi dernier, en sortant du Procopio Angelo, le meilleur restaurant italien du monde(1), je m'aperçois qu'il est situé juste en face de l'ancien Gibet de Montfaucon, mais il pleuvait aussi nous sommes passés vite.

Enfin, dimanche matin, je finissais avec délices le livre de Graham Robb, Histoire de Paris par ceux qui l'ont fait (merci Marie ! quelle lecture extraordinaire), quand je suis tombée sur la mention du gibet de Montfaucon et que j'ai commencé à gratter sur le sujet :
Le gibet était constitué de piliers surmontés de poutres auxquelles étaient pendus les criminels. Celui de Montfaucon est attesté en bois dès 1027, et reconstruit en pierre en 1303 (par Enguerrand de Marigny qui y finit lui-même pendu 12 ans plus tard). Il atteint une ampleur considérable : 16 piliers au XVème au moment de son plus grand développement. Comme toutes les fourches patibulaires, qui étaient des instruments de la justice seigneuriale, le gibet se trouvait en haut d'une butte, à l'écart de la ville, mais proche d'un chemin raisonnablement fréquenté, afin de décourager les honnêtes voyageurs d'altérer leurs bonnes dispositions naturelles... En l'occurrence, la route de Meaux, qui est désormais la rue de la Grange aux belles (mais dont le prolongement est restée la rue de Meaux). Faut-il en conclure que de Meaux venaient déjà des personnes aux scrupules fragiles ? Peut-être (j'ai le droit de plaisanter sur JFC car je suis née à Meaux) Mais revenons à notre gibet.

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On y pendait avec allant : des vifs, des morts, exécutés ailleurs, et s'ils n'avaient déjà plus de tête : par les bras, ou dans des sacs. On le voit, il ne s'agissait pas tant de supplicier que de stupéfier. On ne confessait pas les condamnés, du moins au tout début. Interdiction de dépendre, bien entendu, l'effroi doit durer. On ne rendait donc pas le corps à la famille. Tout au moins était-il interdit de s'emparer des vêtements du mort.

Le condamné quittait la conciergerie, lieu ordinaire d'incarcération, traversait les Planches de Millbray (nom de l'ancien Pont Notre Dame, jusqu'à sa reconstruction en 1406), remontait la rue Saint Martin, sortait de l'enceinte par la Porte Saint Martin puis suivait le faubourg St Martin dont la partie nord s'appelait faubourg Saint Laurent, du nom de l'église Saint Laurent qui existe toujours. Il tournait à droite par le chemin des morts ou la rue des morts qui arrivait jusqu'au Gibet. Aujourd'hui, ce chemin des morts est la rue Eugène Varlin, puis la rue des écluses Saint Martin, puis la rue Juliette Dodu. Le reste de la rue des morts a été rebaptisé pudiquement rue St Maur et c'est ce tronçon qu'on utilisa comme itinéraire plus tardif des condamnés.

On voit sur ce plan du XVIIIème l'emplacement du gibet ; j'ai superposé pour plus de clarté l'actuel emplacement du canal St Martin, mais il ne fut creusé qu'au début du XIXème.

gibet-carteJ'en profite pour faire la publicité du site Alpage d'où j'ai tiré cette capture d'écran, un système d'information géographique de Paris fascinant. La belle carte ci-dessus est une carte de Paris et ses environs Delagrive 1730-1740. N'hésitez pas à explorer le reste de la carte, c'est très amusant ! Eric Hazan raconte que Louis XIV fit démolir l'enceinte Charles V dans les années 1670, pour aménager une promenade plantée d'arbres pour le public. Il était ordonné d'y laisser des fossés dans lesquels passaient les égouts de la ville. Zoomez, vous verrez que tous les détails y sont. :-)

 Au dessus du gibet, vous voyez une zone intitulée Voirie : au moyen-âge, la voirie n'est pas un système de rues mais une décharge publique, principalement pour les équarisseurs. Cette voirie commença à empoisonner la vie de son voisinage dès le début du XIXème, mais le préfet ne parvint à la fermer qu'en 1849 après transfert dans la forêt de Bondy, ce qui contribua sans doute à en extraire tous les bandits de grands chemins. Je n'en dis pas plus, Graham Robb en a parlé trop bien dans le livre précité !

Etonnamment, pour moi qui n'aime pas Paris, sauf quand les (autres) parisiens n'y sont pas, donc presque seulement le week end du 15 août, la connaissance des événements sordides qui se sont déroulés quasiment en bas de chez moi m'a mise en joie et attachée davantage au moins à mon quartier... Les mystères de l'Histoire !

Conclusion de l'histoire ? je n'en ai pas, mais je vous livre quand même celle d'Epiméthée : "qu'est-ce qu'on mange bien, au gibet de Montfaucon !".

 

(1) Le Procopio Angelo est le restaurant où je pratique la discipline : manger en pleine conscience. Je vous promets, c'est vraiment une expérience.

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24 mai 2016

Ma chère banque

Ca fait des années qu'on se connaît toi et moi ? je dirais même que ça fait quasi 25 ans qu'on marche la main dans la main, voire ta main dans ma poche. Ou ma poche dans la tienne. Je t'en ai confié des choses, que je ne confierais pas à grand monde ! Bon bien sûr, ce ne sont pas des milliards qui se sont accumulés chez toi grâce à moi, mais reconnais-le, je n'ai jamais été beaucoup à découvert ? Ces derniers temps, avec l'appartement, c'est plutôt moi qui ai une grosse dette, contrairement aux apparences (oui les comptes remplis, ce sont les sous d'Epiméthée, il ne peut pas s'en empêcher, il met aussi ses millions de chaussettes et de tee shirts dans MES placards quand les siens débordent, au lieu de faire du tri régulièrement comme moi. Mais je m'égare) mais au bout du compte, tu auras quand même largement gagné sur l'opération, donc rien n'aurait dû assombrir notre histoire.

Bien sûr, il y a eu ces signes avant coureurs que je n'ai pas su voir, ou pas voulu. Quand on aime, qu'on fait confiance, tu sais ce que c'est ! (Avec Jérôme,... mais je ne veux pas remuer le couteau dans la plaie). Il y a bien un moment où tu as voulu m'imposer un abonnement jazz que je n'avais nullement demandé, et que tu n'as accepté de me rembourser qu'après plusieurs demandes formelles et finalement une menace de plainte pour détournement de fonds... Il y a bien cette autre fois où tu as failli me planter mon achat d'appartement au dernier moment, alors que ça faisait trois fois que je te demandais de reporter mon prêt... mais je suis indulgente, je suis miséricordieuse, je suis... aveugle.

Sauf que là, vraiment, tu as poussé le bouchon un peu trop loin, Maurice, avec tes filiales dans les paradis fiscaux et tes spéculations sur les matières agricoles.

Spéculer sur la faim ! tu te rends compte ? ça fait mourir des gens et même des enfants, ce genre de pratique. Les enfants, tu sais ? ces petites personnes bruyantes et hyperactives, mais qui représentent l'avenir ! Bien sûr, toi tu regardes à de plus en plus court terme, donc l'avenir...!

Et les filiales dans les paradis fiscaux, est-ce que c'est bien un comportement responsable ? à chaque fois que tes clients arrêtent de payer leurs impôts, nous, les gens normaux, nous en payons encore un peu plus ! Et quand il y a une grosse addition bancaire non prévue, qui doit renflouer ? encore nous !

Et tout cet argent que tu investis, quand tu choisis les secteurs les plus rentables en regardant uniquement le court terme, et qui produit des dégâts sociaux et environnementaux !!

Alors tu vois, je crois qu'on n'a plus grand chose à se dire, ma banque. Je te quitte, Adieu. Ne t'inquiète pas, je paierai mes dettes, mais j'emporte mes sous (les sous d'Epiméthée) chez quelqu'un qui en fera un meilleur usage que toi.

 

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